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Avec Mo3a9: Don Bigg rappe pour la bonne cause

Don Bigg revient avec, Mo3a9 (personne handicapée NDLR). Beaucoup de bon sens et de sagesse, de la part d’Al Khasser qui change de ton.

Loin des clashs et autres egotrips, Toufik Hazeb a.k.a Don Bigg, dévoile “Mo3a9”, un morceau écrit en hommage aux personnes en situation de handicap. Une musique qui tombe à pic? Certainement, surtout qu’en pleine crise de Coronavirus, on pense fortement à ces personnes pour qui le confinement fait partie du quotidien, depuis déjà de longues années.

Don Bigg, un récidiviste

Des textes profonds, et engagés qui traitent des problématiques sociales, Don BIgg, n’en est pas a sa première fois.

En 2011, avec le son “Mabghitch” qui coïncidait avec le printemps arabe, le rappeur a fait preuve d’une maturité intellectuelle, en proposant une analyse de la situation politique à la sauce DBF, renforcée par quelques comparaisons de contextes et métaphores. Bigg a su faire passer le message. Si certains se sont levés pour applaudir Hazeb, d’autres y ont vu de l’opportunisme. En estimant qu’avec Mabghitch, il fait d’une rime deux coups.

Avec Never surrender (ne jamais se rendre NDLR), il conforte sa position, sans pour autant se faire d’ennemis, ni à gauche, ni à droite. Et c’est l’une des forces de ce rappeur qui fait partie des pionniers au Royaume. C’est donc sur un instrumental de Dj Khaled, que Don Bigg, raconte une histoire des plus tristes jamais composée dans le Rap marocain (que seul Mes3od des mythiques 3awd Lil peut détrôner), on découvre le terrible sort d’un jeune accro au psychotrope (9ar9obi…) qui par “malheur” va commettre l’irréparable et assassiner ses deux parents.

Karianist, Lmrerd Lkbih, ou encore Maliach, autants de sujets et problématiques de la vie quotidienne que Don Bigg arrive à retranscrire à travers sa musique. 

Cet engagement, impose des questions quant à la portée éducative et pédagogique que peut avoir le Rap, auprès des jeunes et des moins jeunes aussi. Il peut ne pas faire l’unanimité, il peut être critiqué par les plus jeunes de la scène, ou par ses concurrents, à cause de ses positions. Mais avec ce qu’il a réalisé, et les messages qu’il passe depuis le début des années 2000, Don Bigg a sa place dans le panthéon des plus grands artistes marocains, de l’histoire. Ou du moins, les plus influents.

Par la réussite de sa carrière certes, mais aussi pour sa longévité. Le rappeur était à l’origine d’un mouvement lancé en 2006, la génération ‘Nayda’ (On en parle?), et a su garder le cap, évoluer et s’adapter. Donc pour répondre à la question, le Rap peut-il éduquer? On dira volontiers oui, à condition que les rappeurs soient eux-même instruits.