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Un roman inédit de Simone De Beauvoir sortira cet automne

“Les inséparables”, est la nouvelle fiction de Simone de Beauvoir, qui retrace l’histoire d’une amitié “condamnée”.

Roman abandonné par Beauvoir en 1954, “les inséparables” sortira finalement, selon le New York Times, cet automne. La philosophe reviendra sur sa précieuse amitié avec Élisabeth Lacoin, décédée à l’âge de 21 ans. 

Dans ses mémoires de 1963, «La Force des choses», Simone de Beauvoir fait une référence éphémère et alléchante à une œuvre de fiction qu’elle avait abandonné. Une histoire inspirée de son amitié avec Élisabeth Lacoin, surnommée Zaza, décédée d’une encéphalite virale, et dont la précieuse amitié et le tempérament rebelle ont nourri la pensée féministe de Simone de Beauvoir.

Beauvoir a commencé à écrire le roman en 1954, cinq ans après avoir publié son traité féministe révolutionnaire «Le Deuxième Sexe». Elle y a travaillé pendant quelques mois, puis l’a montré à Jean-Paul Sartre, son partenaire et amoureux de longue date. Sartre n’était pas impressionné. Beauvoir a écrit dans ses mémoires qu’elle était d’accord avec son évaluation de flétrissement: L’histoire, elle a écrit, “ne semblait avoir aucune nécessité intérieure et n’a pas retenu l’intérêt du lecteur.”

Bien que Simone de Beauvoir soit davantage connue pour ses essais, elle a publié plusieurs œuvres de fiction, dont Les Mandarins, prix Goncourt en 1954. 

A l’époque, Simone évoquait déjà sa relation avec son amie dans Mémoire d’une jeune fille rangée : “Nous avions combattu ensemble contre le sort révoltant qui nous était destiné et pendant longtemps, j’ai cru avoir payé de ma propre liberté avec sa mort“, écrivait-elle au sujet de son amie.

Au cours des décennies qui se sont écoulées depuis, les chercheurs littéraires se sont demandés ce qu’il était advenu du manuscrit. Alors que d’autres œuvres posthumes de Beauvoir sortaient, notamment des volumes de ses journaux de guerre et de ses lettres d’amour (à Sartre, Nelson Algren et Jacques-Laurent Bost), le sort du roman restait un mystère.

Cependant, comme l’a révélé au New York Times Sylvie Le Bon De Beauvoir, confidente puis héritière et enfin fille adoptive de la philosophe, Simone de Beauvoir n’a pas détruit le manuscrit des Inséparables comme elle l’a pourtant fait avec d’autres écrits dont elle n’était pas pleinement satisfaite. C’est d’ailleurs Sylvie Le Bon De Beauvoir qui a trouvé le titre à ces 176 pages de fiction, le mot “inséparables” revenant à de multiples reprises dans l’ouvrage.

Les droits du roman ont d’ores et déjà été vendus dans dix-sept pays et la fille adoptive de la philosophe a également fait savoir que d’autres œuvres inédites devraient suivre la publication de ce récit. Les Inséparables sera publié en France le prochain automne aux Éditions de l’Herne.